img_1920

Les Enfants du Siècle – Épisode 6 : Charlotte

Kawaguchiko

Pour ce chapitre 6, nous retournons dans la ville fantôme de Kawaguchiko et plus particulièrement sur le bord du lac Saiko. On découvre surtout l’intérieur du fameux complexe où nos héros vont se rendre de plus en plus souvent. Je me limite dans les descriptions car je me place du point de vue de Jefferson et Charlotte qui en savent finalement peu, et j’espère bien pouvoir me pencher plus en détails sur ce qui peut bien se cacher dans cet immeuble gris. Pour plus de détails sur l’environnement extérieur, je vous invite à relire l’article sur l’épisode 4 qui se déroulait au même endroit.

Scenario

J’avance, j’avance. Je me suis vraiment éclatée à écrire ce chapitre et il fait sans doute partie de mes préférés qui sont publiés à l’heure actuelle. C’est compliqué de ne pas lâcher toutes les informations d’un coup et de distiller petit à petit pour pouvoir insérer l’histoire dans un ordre naturel. Un très bon exercice de temporalité pour moi en tout cas, quand vraiment je n’en peux plus, j’écris des chapitres qui se passent plusieurs mois après !

Et donc, on en apprend plus sur la technologie avec lesquelles nos héros vont interagir. Je n’ai pas été chercher bien loin pour l’inspiration puisque dans mon emploi actuel et précédent, j’ai été au contact de la réalité virtuelle. Je l’ai expérimenté, j’ai vu des gens l’expérimenter, le vivre bien ou mal d’ailleurs. Je ne sais pas encore si je vais beaucoup développer le côté réalité virtuelle mais c’était amusant de jouer un peu avec.

Comme me dit une lectrice (Bran de nipp-hon), les personnages commencent à prendre de l’épaisseur et je peux enfin les développer sans virer de l’artificiel. Bref, après pas mal d’introduction ça bouge et j’ai hâte.

Bande son

Je suis obsédée par cette musique depuis quelques semaines déjà, pour être honnête je n’ai pas du tout écrit ce chapitre en l’écoutant mais quand est venu le temps de devoir l’associer à un son Halsey s’est totalement imposée. Gasoline c’est un peu le paysage intérieur de Charlotte. Tout le temps (la pauvre).

 

Voilà pour cette fois, on se retrouve bientôt avec Yuuto le fifou.

img_1995

Les Enfants du Siècle – Épisode 5 : Jefferson

 

Maintenant que j’ai raté le NaNoWriMo comme il se doit, je peux reprendre le cours habituel de ma vie. Enfants du Siècle – Épisode 5, c’est parti.

Takeshita-dori

C’est compliqué de présenter simplement Takeshita, à la fois parce qu’elle matérialise un pan entier de la culture japonaise mais aussi parce qu’en tant que monument elle est connue comme il faut. Situé juste à la sortie JR de la station Harajuku, Takeshita-dori est une longue rue bordée de magasins de vêtements et de petits stands de nourriture. Temple du kawai, du mauvais goût ou juste de l’extravagance, à vous de juger où vous la placez mais sa popularité la rend tout simplement invivable les jours fériés ou les week-ends. Perdus entre les japonais qui viennent y chercher le dernier sac à dos ou croissant fourré à la glace du moment, et les touristes, bon courage pour avancer si vous êtes en retard.

J’habite non loin de Takeshita et il m’est arrivé d’y passer tard le soir pour rentrer et de découvrir cette ambiance presque glauque aux antipodes de l’animation que l’on y trouve en journée. C’était un peu le théâtre parfait pour cette scène de discussion un peu TMI sur les bords. Je pense que c’est assez développé dans le texte mais loin des paillettes et des cris suraigus des vendeuses la journée, la nuit on bascule dans les détritus au sol, les gens pressés qui veulent attraper leur métro et moi qui me ballade tranquille avec mon casque sur les oreilles. Ça a beau être un paysage peu ragoutant, la rue garde une espèce d’ambiance de fin du monde que j’aime beaucoup (j’anime aussi les soirées si ça vous dit).

Scenario

Ça n’avance pas. Encore. Enfin, ça dépend du point de vue. Jeff’ et Charlotte se dessinent un peu plus clairement grâce à quelques informations sur leur passé, ce qui permet de placer un peu mieux leur caractère. Charlotte m’exaspère toujours autant mais j’ai bien l’impression que je vais me la coltiner durant encore pas mal d’épisodes.

La bande-son de l’épisode est d’ailleurs plus dans la retenue, dans le monde intérieur des deux personnages plus que dans leur façade. Je découvre tout juste Panic! At The Disco et je pense qu’ils vont devenir un groupe très présent dans la bande-son de cet écrit, j’ai déjà mis de côté pas mal de morceaux pour la suite…

 

La bonne nouvelle, c’est que même si je n’ai pas atteint les 50.000 signes durant le NaNoWriMo j’ai tout de même pris de l’avance ! Faut pas déconner.

 

 

 

 

img_1925

Les Enfants du Siècle – Épisode 4 : Yuuto

  Comme prévu, j’ai mis beaucoup de temps à écrire ce chapitre 4 et il ne doit son salut qu’à un hasard assez impromptu : des embouteillages sur le chemin du retour de la ville que je venais tout juste de choisir comme scène de fond.

Kawaguchiko

  Kawaguchiko est une de ces villes de campagne japonaise au relief et à l’architecture très étrange pour nous Français : aucune maison ne va avec sa voisine, de grandes nationales sans trottoir et un centre-ville ennuyeux au possible. Elle vit du tourisme et des sources chaudes, car voisine immédiate du Mont Fuji et offre par beau temps une vue magnifique sur la montagne sacrée, un volcan tout noir hors saison. Selon les saisons, les fruits y sont aussi légions et j’ai pu mettre la main sur des kaki moitié moins cher qu’à Tokyo… Quoiqu’il en soit et même si je comprends qu’elle ne plaise pas aux touristes, j’ai passé un très bon week-end là-bas et compte bien y retourner.

  Si je l’ai choisi elle, c’est qu’il me fallait une ville pas trop éloignée de la capitale (2 heures de bus, 3h30 au retour, tout est relatif) capable d’accueillir un grand centre de recherche avec un peu de verdure autour. L’ambiance un peu morne de la ville était également parfaite, voisine immédiate d’Aokigahara -la désormais célèbre forêt des suicides- et tristement vide en dehors de ses touristes empruntant les navettes pour filer à leur hôtel.

  Le centre de recherche se trouve en bordure du lac Sai (西湖), juste à gauche du lac Kawaguchi, en plein milieu de la forêt et non loin de la Bat Cave (et ouais, c’est comme ça). Des bureaux, on a vue sur ce lac et ses pêcheurs en quête du poisson local mais qui vient en fait d’Akita et qui a été introduit quelques dizaines d’années plus tôt (le musée était gratuit). Pas vraiment difficile d’accès mais surtout éloignée de la gare, les bus de villes s’y arrêtent mais le centre a évidemment son propre système de navettes.

 Scenario

  On avance ! Enfin, et c’est bien pour ça que le chapitre fait quasiment le double du format habituel. Deux jours après leurs rencontres, les fougueux Charlotte et Jef’ se sont finalement trouvé des atomes crochus. Un peu cynique tous les deux, je pense qu’ils auront une relation en dent de scie, surtout à cause de Charlotte d’ailleurs, mais j’ai aussi hâte de faire rentrer les autres personnages dans la danse.

  On en découvre à peine plus sur le fameux projet Enfants du Siècle qui finalement n’en est qu’à ses balbutiements. Je pense explorer beaucoup plus en profondeur cette thématique mais je ne suis toujours pas décidée sur le prochain chapitre, blabla scientifique ou introspection de l’angoisse ? Hum. Wait&See.

img_1806

Les Enfants du Siècle – Épisode 3 : Jefferson

Pas d’articles en depuis quelques temps. J’ai commencé un nouvel emploi il y a deux semaines. Ça se voit, non ?

J’ai publié la semaine dernière l’épisode 3 des Enfants du Siècle, je vous mets tout de suite dans l’ambiance et on s’y met :

Côté Intrigue

Ce chapitre n’était pas un de mes préférés, il me fallait présenter Jefferson et Charlotte pour faire avancer l’intrigue mais je me suis surtout amusée à les monter l’un contre l’autre un peu gratuitement, j’avoue. L’important était d’appuyer sur la nervosité de Charlotte, le caractère totalement ambivalent de Jeff’ et le rôle un peu maternel que Lisa est obligée d’endosser. Hormis cela, on en découvre peu et ça avance tout doucement. Mise en place de l’ambiance, et surtout des relations entre les personnages.

En vrai « petit con » (dénomination officielle), Jefferson confronte tout de suite Charlotte sur ce qu’elle ne connaît ou comprend pas encore de l’univers dans lequel elle évolue. Une petite attaque gratuite lorsqu’elle n’enlève pas ses chaussures dans le genkan et c’est déjà la guerre entre eux deux.

Sendagaya

Charlotte et Jefferson habitent Sendagaya, quartier plutôt huppé de la capitale. Pile entre trois grands parcs, à quelques encablures des très touristiques Harajuku ou Shinjuku, l’environnement des habitations de ce quartier est très calme et reposant et on y côtoie beaucoup de bureaux dans le domaine de la mode et tutti quanti. L’ambiance et les magasins vous font vite ressentir qu’on est loin des quartiers populaires, un petit air de Breakfats at Tiffany’s dans les grandes avenues en plus.

Je viens d’emménager dans ce quartier et je découvre donc en même temps que les personnages les rues de Sendagaya. Pour leur part, ils vivent en plein milieu des maisons (qui semblent hors de prix) non loin de la gare Kita-sando (pas moi). La journée, les mamans en vélos passent entre les bâtiments et la nuit c’est plutôt les salary-man qui rentrent chez eux, la sacoche sur l’épaule dans des rues presque totalement désertées par les voiture. À pourtant quelques mètres d’une avenue très fréquentée, les ballades dans ces petites allées sont très agréables.

Dans le prochain épisode déjà (seulement) en cours d’écriture, on s’intéresse à Yuuto ! Qui ça ? Faut être un peu attentif les gars.

P1050156

Les Enfants du siècle – Épisode 2 : Lisa

« Lisa » est la suite directe de « Charlotte », on reprend l’histoire avec Lisa qui rentre chez elle juste après sa rencontre avec la jeune Charlotte.

Lisa habite dans le quartier de Setagaya, non loin de la station Gotokuji qui est un de mes coins préférés de Tokyo. On risque de beaucoup s’appesantir sur mes quartiers « préférés » de Tokyo alors je vais arrêter tout de suite de le dire, et donc un peu plus loin que Shibuya dans le sud-ouest de la capitale se trouve la station Gotokuji qui fait partie des coins résidentiels de Tokyo. On y voit beaucoup de petites maisonnettes qui doivent coûter une petite fortune, de famille avec enfants et un calme absolument reposant y règne. Tout le contraire de Shibuya et son passage piéton tentaculaire, je vais à Gotokuji quand je veux fuir la foule et oublier la folie piétonnière du quartier de Shibuya.

Gotokuji est également synonyme pour les connaisseurs d’un temple dédié aux manekineko, ces petits chat porte-bonheurs mondialement connus ! Ce n’est pas le seul mais un des plus en vogue et les plus présents sur le web, il est impressionnant de par la pléthore de petits chats blancs disposés les uns à côtés des autres dans l’enceinte du temple. Il est possible d’en acheter et de grossir l’armée des petits chats blancs si le cœur vous en dit ou de vous le ramener chez vous et vous apporter prospérité ou clientèle.

P1050165P1050167

Lisa rentre chez elle sous la pluie battante, qui précède quelquefois les typhons durant la saison des pluies. L’humidité, le vent, les trombes d’eau… C’est une saison peu aimable et on a souvent hâte que le typhon passe et laisse derrière lui peut-être un peu vent mais surtout beaucoup de soleil.

La musique d’ambiance de la semaine n’est pas du tout japonaise, je vous recommande d’écouter I Hate To See Your Heart Break dans sa version avec Joy Williams chantée par Paramore. Atmosphère calme et reposante malgré la pluie qui tambourine, Lisa rentre chez elle et va retrouver le calme relatif de sa maison mais surtout sa paix intérieure.

Dans le prochain épisode, on s’intéressera à Jefferson qui va je pense vite devenir un de mes petits chouchous dans cette histoire. Stay tuned.

Sur le sujet les Enfants du siècle, j’ai eu une belle surprise cette semaine de la part de Chaocube qui a dessiné sa version de Charlotte. Outre le fait que le dessin est adorable et très bien réalisé, il est très très proche de l’image que je me fais du personnage et ça m’a fait plus que plaisir de le découvrir au détour de twitter, merci チャオちゃん!

@TsukubAmandine. Du coup j’en ai profité pour faire une petite Charlotte vite fait :p pic.twitter.com/y8OB7kQBN5

CrB2dNjUkAAGh6a.jpg large

— Cha³ (@Chaocube) 29 août 2016

 

20160822_0009

Les Enfants du siècle, idée à la con nº3498 : quoi, pourquoi et à qui c’est la faute

Vous souhaitez vous lancer dans un projet malgré le fait que votre cerveau vous souffle que c’est une très mauvaise idée ? Je dois pouvoir vous aider, je deviens une professionnelle ou tout du moins une habituée. À cause (ou grâce, c’est soumis au vote du public) d’Amélie et de sa nouvelle en l’honneur du Ray’s day, je me lance dans une fiction en temps réel qui prend place au Japon, un petit truc science-fiction sans prétention aucune. Oui mais, encore une fois je me suis laissée emportée par ma propre excitation.

Les Enfants du siècle – Synopsis

Groenland, juillet 2013. Le sol s’ouvre sous une station de recherche américaine et engloutit les installations ainsi que l’équipe. Bilan : 184 disparus. Version officielle : activité géologique exceptionnelle.
L’idée d’un ennemi venant du ciel a fait son chemin dans les esprits, personne ne s’étonne d’apprendre que la vie est possible ailleurs et on s’attend presque à voir l’enfer descendre du ciel à tout moment. Mais l’ennemi est déjà là, sous nos pieds.
Tokyo, Août 2016. Dans le plus grand secret, la riposte s’organise.

Mes objectifs

Le format – Ça fait longtemps que je me tâte à publier en ligne une fiction divisée en courts épisodes pour pouvoir rebondir à chaque chapitre et adapter pourquoi pas aux interactions avec de potentiels lecteurs (potentiels hein). Le rythme va donc être appelé à la flexibilité et surtout il va falloir que je me discipline beaucoup pour en tenir un. Pas d’objectifs de rythme sinon de ne pas me claquer en chemin. Deux épisodes par mois minimum me paraît accessible, d’autant que je ne veux pas de chapitres trop longs.

Ambiance – Je veux clairement écrire un texte d’ambiance, qui transpire Tokyo et le Japon. Je n’ai jamais retrouvé en littérature une fiction qui retranscrivait les sentiments que le Japon pouvait m’évoquer et je vais essayer de m’y atteler. Essayer parce que si je ne l’ai jamais lu c’est entre autre parce que ce n’est pas si facile que ça. De même, il y aura une ou des musiques d’ambiance pour chaque chapitre posté et je vais essayer autant que faire se peut de documenter avec illustrations les endroits que je vais évoquer (ça veut dire qu’il faut que j’aille prendre les photos nécessaires, en gros).

Scénario – J’ai sincèrement commencé sur un coup de tête, en exploitant une idée que j’avais dans la tête depuis quelques jours. Je sais où je vais, je découvre petit à petit mes personnages (Charlotte est une très mauvaise surprise, soyons honnêtes) et je vais tâcher de les maîtriser rapidement pour voir où ils vont, mais sincèrement je vous préviens que l’avenir n’est pas radieux.

Rythme – Je vais caler le récit en temps réel (j’ai perdu la raison à peu près au moment de prendre cette décision) pour pouvoir être en osmose avec les saisons japonaises, ça sera plus facile pour pouvoir retranscrire vraiment comment on les vit et c’est une expérience qui me tente depuis beaucoup trop longtemps pour ne pas essayer.

L’épreuve va être de cumuler tout ça sans me prendre un mur en pleine tête, tout va bien se passer, on respire un grand coup et on y retourne.

Chapitre 1 – Charlotte

Dans ce premier épisode, on découvre (ensemble) Charlotte assise au premier étage d’un TRÈS célèbre café donnant sur le carrefour de Shibuya. Pour en découvrir plus sur elle, je vous invite à lire directement sur Wattpad plutôt que des paraphrases répétitives, parlons plutôt du contexte. Le thème de la semaine tout d’abord, c’est une reprise de Glassy Sky, morceau présent sur la bande son de l’anime Tokyo Ghoul et repris par la chanteuse AmaLee :

Au Japon, nous abordons la seconde saison des pluies de l’année, ou plutôt des typhons et hier a été une journée particulièrement humide et venteuse. À l’heure où j’écris, il pleut encore à drache et ça semble parti pour quelques heures voire jours. J’aime la pluie, on ne va pas se le cacher mais la saison humide de août/septembre met vraiment mes nerfs à rude épreuve : la température au delà de 30ºC conjuguée à des taux d’humidités frisant les 80%, C CHO comme disent les jeunes. L’atmosphère des jours de pluies, on connaît tous, celle du Japon peut-être moins.

Le café en question est tout le temps plein et je n’ai, pour être honnête, jamais pu m’y installer mais je connais ce carrefour pour l’emprunter relativement souvent. La photo n’est donc pas de moi, je l’ai trouvé en cherchant vite fait et je compte bien aller en prendre une digne de ce nom dès que j’en aurai l’occasion d’autant que dans mon esprit il fait nuit au moment de cet épisode. Il ne se passe pas grand chose dans ce chapitre, c’est un choix : j’ai voulu me concentrer sur Charlotte et la journée pas terrible qu’elle passait en guise de mise-en-bouche.

Bon, j’ai pas mal de boulot je vais vous laisser là. Et si vous avez besoin d’un petit coup de pied aux fesses pour faire un truc bête, laissez-moi un petit mot !

 

Le muscle de l’écriture

Je n’avais pas d’idée pour l’article de cette semaine. Zéro. Niet. Le vide intersidéral, rien ne me donnait envie de me mettre derrière les touches.

J’ai une liste de brouillons qui traînent et n’attendent que d’être écrit avant d’être publié, les idées sont là mais c’est l’envie qui n’y était pas. Et quand je n’ai pas envie, je produis des choses qui ne me conviennent pas et que je trouve très moyennes. Donc je m’abstiens, tu vois.

Oui mais. Oui mais, des fois il faut se forcer un peu. C’est bien là où le NaNoWriMo a été véritablement salvateur pour moi, me fixer un quota à atteindre quotidiennement et plus simplement mensuellement m’oblige à me mettre à écrire même quand je le sens moyen. Des fois c’est l’épiphanie et d’autres j’écris sincèrement pour rien, mais j’écris. Et plus j’écris, plus c’est facile pour moi de le faire comme si je travaillais un muscle.

Si je devais le placer, je vous dirais bien qu’il est juste derrière les oreilles et tire vers le cou quand on force un peu trop dessus (d’où les raideurs dans les épaules). Le fait est que plus je le travaille, plus il m’est facile d’écrire « à la commande » contrairement à mon incapacité totale de m’y mettre après une longue période de disette d’écriture.

Je pense qu’on peut débattre des heures sur l’efficacité de la chose, est-ce vraiment la peine d’écrire si c’est pour ne pas être satisfait et devoir tout reprendre plus tard ? Réponse facile : ça dépend, je suppose. Pour moi, oui, clairement. Si je n’écris pas quand je n’ai pas la foi, il m’arrive de ne pas le faire pendant 1 semaine, 2 mois, 5 ans (histoire vécue). Quitte à faire de simples étirements, il faut que je me force un peu pour me remettre dans le bain et en quelques jours à peine je me remettrai dans les rails sans souci.

BREF. J’avais pas d’idée cette semaine.

Compte-rendu : Camp NaNoWriMo août ’16

Parce qu’on rigole, on rigole, on se moque de mes compagnons de cérémonie du thé mais je fais des trucs un peu sérieux à côté quand même. Juillet était synonyme de Camp Nano et donc de défi d’écriture.

nanowrimo

Capture d’écran du site Camp NaNoWriMo

J’avais déjà participé au précédent camp, en mars, et ça avait été un échec retentissant. Je me suis tout de même fixé un objectif double de mon quotient normal, soit 1000 mots par jour que j’ai miraculeusement réussi à atteindre.

Ça n’était évidemment pas la mer à boire en comparaison des 1667 mots par jour du NaNoWriMo mais j’ai toujours relativement du mal à m’y astreindre notamment à cause de mon rythme de vie.

Cela fait finalement peu de temps que je me suis remise sérieusement à l’écriture et j’apprends encore sur mes propres capacités, le camp de Juillet a été de nouveau l’occasion de comprendre un peu mieux mes mécanismes d’écriture.

La régularité, ce n’est pas pour moi

Et pour plusieurs raisons. Comme précédemment évoqué : mon rythme de vie se place en numéro un. Il m’arrive de ne pas rentrer chez moi avant 23 heures ou minuit, après avoir crapahuté ou couru partout toute la journée et donc de ne pas avoir de temps pour me poser devant l’ordinateur ou un cahier et écrire. Il m’arrive d’écrire sur mon téléphone mais ce n’est ni agréable ni facile pour moi, je le réserve à mes moments de « Il faut absolument que j’écrive cette scène tout de suite ». Autant j’arrive à forcer l’inspiration de temps en temps, autant j’ai toujours l’impression de perdre mon temps alors que le jour suivant, je peux aligner 3000 mots à la chaîne sans forcer. Je dois apprendre à doser et équilibrer plutôt qu’à tenter d’être régulière.

nanowrimo2

Capture d’écran du site Camp NaNoWriMo

 J’ai besoin de brider mon imagination

Je n’ai pas travaillé sur un seul projet durant ce mois de juillet, j’en ai travaillé 5 ou 6 et c’est ridicule. J’ai avancé mon projet principal, j’ai couché des idées en tête depuis longtemps et j’ai même entamé des textes sorti de nulle part. Impossible de me laisser aller à ce que je VEUX écrire, il va falloir que j’arrive à me concentrer sur ce que je DOIS écrire ce qui est l’objectif visé pour le prochain NaNoWriMo… (Oui, je me plains d’avoir trop d’imagination. C’est comme ça.)

Rigueur, mam’zelle et en attendant, à vos claviers.

Source photo.

Cérémonie du thé et drama

J’ai déjà évoqué ma participation à un cours de cérémonie du thé dans un article, qui pour être plus précise est une activité extrascolaire : 部活動, mais je n’avais pas glissé que je pouvais écrire un roman complet en m’inspirant de ce cours. Le bukatsudou, c’est ce qu’on pourrait appeler un club ou un cercle qui se retrouve une fois par semaine, et quelquefois le week-end ou lors d’événements spéciaux comme la venue d’étudiants Taïwanais par exemple. La particularité et la raison principale pour laquelle j’ai continué à fréquenter le club, c’est que nous avons une professeure de cérémonie du thé qui vient avec nous chaque lundi et nous apprend avec beaucoup de rigueur les gestes adéquats, mais dans une ambiance quand même un peu cool.

Le décor

Nous sommes un tout petit groupe : 5 personnes régulières, de temps en temps un ou deux senpai (un ancien élève, supérieur) nous rendent visite. La professeure est là quasiment à toutes les séances et une ambiance studieuse et tranquille s’est installé séance après séance. Je n’ai pas rejoint directement le club, j’avais d’abord suivi le cours intégré dans mon cursus et c’est une fois terminé que j’ai voulu continuer et qu’on m’a redirigé vers le club. Il n’y a pas eu la peur panique de se retrouver face à une étrangère qui ne parlait pas la langue et la transition s’est faire plutôt naturellement, j’ai pu découvrir à loisir l’étrange ballet qui se jouait dans la 和室 (washitsu, salle avec tatamis).

Le Casting

Il fût un temps où j’étais une grande consommatrice de manga, quand j’avais le temps globalement. Si vous en avez lu, vous savez que les personnages dedans sont en général très stéréotypés surtout dans le genre shoujô à destination des jeunes filles. Le grand ténébreux, la petite discrète, et cætera. Ils sont souvent tous là cantonnés à des rôles définis et immuables, une fois qu’ils sont bien intégrés il est toujours très facile de les retrouver et de deviner à la louche qui va faire quoi dans un scenario que l’on découvre pourtant à peine. Tout le monde le sait, les stéréotypes sont basés sur des caractères, personnes qui bien entendu existent mais dont les traits ont été tellement grossis qu’ils dépassent la réalité. En théorie.

En déménageant au Japon, et en particulier en intégrant une faculté japonaise j’ai découvert avec pas mal de surprise que ce que je pensais être exagéré dans les productions culturelles japonaises était finalement assez proche de la réalité.

Le scénario

Laissez-moi vous tisser en gros les lignes de l’histoire. Il y a la chef de club (部長) qui va quitter la faculté en avril et donc le club, elle cherche actuellement qui va la remplacer pour que le club ne disparaisse pas. Or, selon les règles sociales japonaises c’est la personne rentrée juste après elle dans le club et qui sera là l’an prochain qui doit la remplacer. Mais cette personne ne veut pas devenir chef, je la soupçonne même de vouloir arrêter (nous reviendrons sur les raisons un peu plus loin) et donc fait tout pour être éjectée sans avoir à le dire. Il y a aussi le mec un peu ténébreux qui est là un peu par hasard et le petit nouveau qui fait le pitre, tout le temps rappelé à l’ordre par la chef du club. Le senpai qui vient de temps en temps est quant à lui l’archétype du chanteur de Visual Kei… Tout un programme.

La timide qui a un cœur d’or

Qu’on appellera Tomoe pour des raisons de discrétion. La chef du club est une fille adorable, qui a été la première à me parler comme si je n’avais rien de différent et qui est toujours prête à aider les autres. Elle est stricte lorsqu’il s’agit du cours et traite la professeure avec un grand respect. D’un point de vue strictement japonais du terme, Tomoe ne se met pas en valeur : jamais maquillée, toujours en pantalon, manches longues et mettant en avant le côté pratique avant le côté esthétique. Dans un shoujo, ça serait typiquement la fille « moche » qui devient « trop belle » pour pouvoir plaire au héros ténébreux.

Le grand et mystérieux timide

Qui sera joué par Ichirô dans cette représentation. Pour un Japonais, Ichirô est très grand, assez pour son yukata lui arrive pile au dessus des chevilles (ce qui veut dire qu’à 5 centimètres près, il aurait besoin de prendre une taille d’ordinaire réservée aux étrangers). Il arbore la classique coupe « saut du lit-coiffé-décoiffé » de cheveux mi-longs dans laquelle il passe tout le temps la main. Il est dans le club un peu par hasard, parce que c’était marrant, et aime BEAUCOUP Tomoe mais ne l’exprime jamais clairement. J’ai cru à un dénouement lorsqu’au semestre dernier ils passaient tout les midis tous les deux en tête-à-tête à la cantine mais tout s’est arrêté du jour au lendemain… Damn. Bref, Ichirô lit tout seul dans son coin, est très renfermé mais a le sourire facile lorsqu’il est à l’aise. Encore une fois, un stéréotype assez parfait.

 La féminité incarnée

Elle ne vise moins rien que devenir une nadeshiko, l’incarnation parfaite de la féminité japonaise. Cette jeune fille, que l’on appellera Aiko, ne rie pas mais glousse, elle marche avec les genoux tellement rentrés que je souffre en la regardant, elle ne s’attache pas les cheveux qui lui tombe sous les fesses et sont en tellement mauvais état que j’ai l’impression de regarder The Grudge parce que ce n’est pas « féminin », parle d’une voix aiguë et utilise un langage sensée être mignon (noté sensée s’il vous plaît), minaude et refuse de laisser le soleil toucher sa peau, et cætera. La liste est longue et je n’ai aucune idée de comment elle fait elle-même pour cocher chaque ligne de celle-ci. À côté de ça, Aiko n’aime pas la cérémonie du thé, elle est rentrée dans le club pour attirer le senpai avec qui elle sort et se retrouve un peu coincée, et maintenant dans une impasse complète puisque c’est elle qui va devenir chef de club en avril prochain… Elle est donc devenu insupportable, s’allongeant sur les tatami quand elle a des choses à faire, se trompant sans cesse et refusant de faire ce que la chef lui demande en feignant de ne pas comprendre. Elle n’est globalement pas très appréciée notamment car son comportement agace, bien qu’elle soit persuadée du contraire. Elle a d’ailleurs décidé de me détester dès le début sans que je ne sache vraiment pourquoi.

Le clown

Qui sera interprété par Kennichi. Il vient tout juste de débarquer, il y a quelques semaines, car sa mère pratique elle-même la cérémonie du thé et il voulait découvrir ce monde. Il était au départ très calme et supportable et puis il a décidé qu’il devait mettre l’ambiance dans un cours où l’on apprend la pratique millénaire d’un art qui ressemble à de la relaxation. D’abord doucement, il a fini par former la paire avec Monsieur Ténébreux pour complètement perturber le cours et se faire méchamment rappeler à l’ordre. Il n’est pas méchant, mais veux un peu trop devenir le leader officiel du rire dans un endroit où cela n’a pas sa place.

Le chanteur de Visual Kei

J’ai un peu extrapolé, il n’est pas vraiment chanteur (j’ai pu entendre des horreurs au karaoke) mais dessinateur de manga. Cheveux auparavant aussi longs qu’Aiko mais qu’il a dû couper pour trouver un emploi, pantalon à chaînes et petit veston, sans oublier la façon de parler vestige d’un autre temps. Maintenant qu’il est conducteur de camions (car il ne peut pas vivre de sa passion), il nous rend visite en bleu de travail pour profiter gratuitement du thé et des wagashi (pâtisseries traditionnelles japonaises) tout en faisant le malin et ignorant royalement sa petite-amie, Aiko (il préfère lorgner sur les autres filles).

Chacun joue son petit rôle et chaque semaine est l’occasion de découvrir un nouveau rebondissement ou un comportement de manga que je ne pensais pas réel se dérouler devant mes yeux. Je me tâte de développer un peu ce que je vois pour un écrire un véritable histoire à l’occasion du prochain NaNoWriMo, je pense que ça pourrait être un petit moment de rigolade agréable. Qui sait.

Source photo de couverture.

You Give Love a Bad Name : relecture

Parmi les textes sélectionnés pour l’Académie de l’Imaginaire, You Give Love a Bad Name est un de celui dont je suis le plus satisfaite. Étrangement, tous les gens avec qui j’en ai parlé avait un avis différent sur la question : les motivations d’Élodie, l’identité du chat, la santé mentale de Paul… Je n’ai pas eu un son de cloche similaire sur le sujet alors je me suis dit que j’allais donner mon son de cloche pour que les curieux sachent également à quoi s’en tenir.

De quoi on parle au juste ?

Le thème du mois de février était celui-ci : « Le mois de l’amour ? Soyons classiques, pour une fois. Une nouvelle romantique est au programme. Mais cette nouvelle doit se baser/inclure votre chanson d’amour adorée… ou détestée. Peu importe la façon dont vous intégrez cette chanson. Les personnages peuvent l’entendre, l’histoire peut être celle des personnages de la chanson… Faites preuve d’imagination… Tant que l’histoire fait partie du genre “Romance Imaginaire”.« 

Planter le décor au Japon s’est vite imposé comme une évidence pour moi, j’ai eu beaucoup plus de mal à trouver une chanson qui me convenait et surtout qui pourrait suivre l’idée que j’avais en tête. You Give Love a Bad Name se déroule donc en plein Tokyo et narre la rencontre entre Élodie et Paul et l’évolution de leur relation, du début jusqu’à la fin. On y retrouve des petits bouts du Japon que j’aime et d’autres que j’aime moins. Bref, c’était un texte très cathartique.

Si cette nouvelle vous as plu ou que vous ne l’avez pas encore lu, rendez-vous ici pour la découvrir et juste en dessous pour un peu d’explications.

Qui est Élodie ?

Élodie est une jeune fille mutée pas vraiment par envie à Tokyo et qui refuse de ne serait-ce que vouloir faire aucun effort pour s’intégrer dans le pays où elle vit. Il y a de nombreux détails à lire entre les lignes pour saisir cette nuance et peut-être sont-ils plus compréhensibles par d’autres expatriés : « refusant en blocs les coutumes qu’elle pouvait comprendre et tentant de se dépatouiller avec celles qu’elle ne comprenait pas encore », « qui permettaient aux autres de ne pas tenter de se frotter aux serveurs »… Les « Élodie » sont un type d’expatrié assez commun et leur pendant masculin existe également.

Qui est Paul ?

Je ne me suis pas énormément penché sur le passé de Paul, essentiellement parce qu’il fait une apparition éclair dans la nouvelle et qu’il disparaît bien vite. Paul travaille au Japon par choix, parce qu’il a eu l’opportunité mais pas spécialement parce qu’il aimait le Japon. Néanmoins, il a décidé d’être curieux et pro-actif dans son expatriation et apprend la langue, respecte les coutumes et essaye de s’intégrer le mieux possible. Les « Paul » sont sûrement les expatriés les plus discrets que l’on rencontre ici.

Et le chat alors ?

C’est peut-être sur ce point que j’ai eu le plus de versions différentes. La première personne qui a relu le texte m’a confié penser que Paul était juste un schizophrène en pleine crise qui mélangeait les légendes à son délire, un tueur en série ou un simple fou qui dérapait pour la première fois. En me relisant, je me rends compte que c’est une hypothèse qui se tient très bien mais ce n’est pas l’esprit dans lequel je l’ai écrit. Comme il le sous-entend lui-même, le « Paul » de la fin de la nouvelle est bien le chat-vampire de la légende de la princesse O Toyo très librement réadaptée, en passant. Les animaux qui peuvent changer de forme et tromper les humains sont très nombreux dans les légendes japonaises, mais plus du côté renard de la barrière, j’ai personnellement choisi un chat pour incarner mon grand méchant.

Et où est-ce qu’on va, là ?

Élodie, arrivée depuis quelques mois à Tokyo tombe sur Paul, jeune homme qu’elle trouve tout à son goût d’autant qu’ils partagent leur culture d’origine. Peu après, le jeune homme se fait tuer par le chat-vampire qu’ils croisaient tous deux en allant boire un verre ensemble avant que celui-ci ne prenne sa place. 6 mois plus tard, lassé par sa proie, le chat décide de s’en débarrasser non sans la torturer physiquement et mentalement pour faire durer son plaisir.

Mais c’était du shibari ou pas ?

Peut-être n’avez-vous pas du tout compris cela, et c’est tant mieux ! C’est à mes yeux la beauté de l’imaginaire : une fois dans les mains du lecteur, il en fait ce qu’il veut peu importe ce que moi j’en pense. Ça m’avait un peu retourné de voir quelqu’un y voir une signification sadomasochiste que j’étais loin d’avoir voulu insérer mais après tout, c’est que j’avais laissé assez de liberté dans cette lecture. Je pense faire partie de ces auteurs qui laissent pas mal de place à l’imagination : je décris peu mes personnages, les décors sauf si je considère que c’est nécessaire à mon histoire et au message que je veux faire passer. Le reste est entre vos mains.

Alors, vous avez compris quoi ?