Jencyo Rêva, une saga mp3 au bon goût de sérieux 

Illustration à la Une et de l’article : Filtre d’Humour, le collectif de Ryku et Selkio par basile_baz (que j’ai eu un mal de chien à retrouver sur les internets)

Je vous l’ai dit, auguste lecteur, je suis une fille passionnée et ma dernière passion c’est une saga mp3 française, Jencyo Rêva.

Un peu de contexte

Les sagas mp3, j’en étais restée au Donjon de Naheulbeuk et à François Pérusse. J’avais été fan, ses séries ont sincèrement rythmé mes années lycées mais je pensais que le paysage français du genre se limitait à l’humour. Un peu plus tard je me mets à Banal Fantasy et basta. Désert, jusqu’à il y a deux semaines.

Lasse d’écouter Quotidien et après m’être refait pour une deuxième fois les Exocet (obsessionnelle je vous dis), il me fallait du matériel auditif pour animer mes longues journées de travail. En tombant sur un podcast qui conseillait un autre podcast qui conseillait lui-même un autre podcast, je me mets à écouter Jencyo Rêva (sans trop y croire, je l’avoue). Révélation, je suis happée par le scénario et les écoute avec un plaisir qui va en croissant.

Pour comprendre a quel point j’ai été prise dans cette saga, je vous mets une petite timeline de mes états intérieurs actuels juste en dessous :

Après avoir fini en quelques jours l’écoute de tous les épisodes, j’ai consécutivement eu envie de : me les refaire tous d’un coup à la suite pour renouer avec les personnages (Dan Herocta si tu passes au Japon, tu m’appelles quand tu veux) → Retourner les internets pour trouver d’autres sagas du genre (échec a ce jour, j’aime bien François TJP mais c’est pas vraiment le même délire) → Ré-écouter seulement les épisodes ouffissimes (parce que faut pas déconner) → Porter les Enfants du Siècle sous ce format → Porter Jencyo Rêva à l’écrit pour y apporter une profondeur différente (sans rire les gars, si il vous faut une plume) → Créer une saga mp3 parce que c’est un support extrêmement motivant et qui ouvre une mer de possibilités en termes d’imaginaire.

Bref, j’ai aimé.

Bon pour l’instant, je suis repartie pour une ré-ecoute de la saga car je pense avoir manqué des éléments au cours de l’écoute.

De quoi on parle

Jencyo Rêva est un jeune adulte de 21 ans qui se réveille après un an de coma, son dernier souvenir est la douleur cuisante de balles dans le thorax. Autant vous dire qu’il est surpris de se réveiller, mais peut-être encore plus de se retrouver en plein cœur d’une attaque dont il ne saisit ni les tenants ni les aboutissants. En pleine fuite, on lui fait comprendre que sa survie est essentielle, au point de laisser des soldats en arrière face à une mort cruelle. Il est destiné à sauver l’humanité contre un ennemi qui semble avoir pris l’ascendant sur l’Humain pendant son coma, dans un combat qui s’annonce ardu voire impossible. C’est face à la Tour Eiffel qui s’effondre que Jencyo prend conscience de la réalité de ce monde, qui lui semble à la fois si semblable et si inconnu.

Mon avis parfaitement mesuré

Le scenario, les voix, les personnages, la musique, le rythme, c’est un mélange absolument maitrisé qui fait que Jencyo Rêva est pour moi la meilleure saga mp3 qu’il m’ait été donne d’écouter à ce jour. La saga a également des défauts bien sur, je pense notamment à une erreur de casting flagrante sur le personnage de Lyra dans les premiers épisodes qui a été très vite rattrapée néanmoins, et à quelques personnages mieux incarnés que d’autres. Il arrive que les effets sonores soient un peu désagréables à écouter mais sont je pense essentiels a la différenciation des personnages.

Pourquoi je me suis laisse embarquée ? Parce que c’est épique, les auteurs (Selkio et Ryku) n’hésitent pas à se lancer dans un récit ambitieux (rappel à moi-même, les seuls limites qui existent sont celles que tu t’imposes). Le thème de Jencyo Rêva c’est un marronnier classique du shonen manga et des romans de fantasy : le petit jeune qui n’a rien demandé à personne et qui se retrouve a porter le destin d’un peuple sur ses épaules. Jencyo Mostinel, donc, se réveille après un an de coma pour échapper de peu à l’attaque de monstruosités appelées « Maras » qui pour une raison inconnue semblent en avoir personnellement après lui. En plus de ça, c’est la guerre civile, Paris tombe. Une putain de bonne ambiance les gars.

Autre point positif pour moi, ça se passe en France ! On a un peu trop tendance en tant que créateur à vouloir déplacer les intrigues dans d’autres pays, et je suis la première à tomber dans ce travers, sans doute pour les rendre plus exotiques. Et Paris ou Toulouse fonctionnent très bien les gars, preuve en est. Je ne dis pas que quelquefois un peu de distance ne fait pas de mal, si Les Enfants du Siècle ne se déroulait pas au Japon ça n’aurait tout simplement pas de sens, mais pourquoi se priver de notre territoire lorsque c’est adéquat ?

Enfin, et là c’est tout à fait personnel, je me suis totalement reconnue dans le processus créatif des deux jeunes hommes et en particulier de Selkio. Je vous renvoie à la FAQ et en particulier la partie sur Jencyo Rêva où ils en parlent. L’association d’idées à la musique, de scènes en particulier n’est pas un processus que j’ai retrouvé chez beaucoup de personnes pour le moment et les gens de Spotify doivent certainement se demander pourquoi j’écoute une seule chanson en boucle pendant 30 minutes lorsque j’ai besoin de coucher une scène sur le papier. Cela doit sans doute m’aider à accrocher encore plus à cette saga où la musique est très présente et porte avec encore plus de convictions les scènes qu’elle dépeint.

Les personnages

Au fil des 5 épisodes de ce cycle 1, on suit donc la quête de Jencyo Rêva pour découvrir la vérité et repousser les Maras (qui veulent un peu détruire l’Humanité, un petit dimanche pépère quoi) et plus particulièrement ses interactions avec les autres personnages, cœur de la saga a mes yeux.

Ces personnages sont nombreux et sincèrement réalistes, ils peuplent le monde décrit et lui donne une profondeur tangible. Si je dois partir dans la philosophie, et les auteurs l’ont fait eux-même, Jencyo c’est toi, c’est moi, c’est tout le monde. Jencyo, c’est la peur de demain, de ce que l’on doit faire et va faire, et ça ne le rend que plus attachant (et agaçant, des fois, mais crois-moi on est tous agaçant un jour ou l’autre, surtout moi). C’est un peu à la manière de Full Metal Achemist, le passage à l’âge adulte version Survivor servi par des allégories et des métaphores et un soupçon d’aventure quand le héros n’est pas en pleine introspection. Car Jencyo est un héros qui pense beaucoup, et ça change un peu des pures têtes brûlées qui font avancer le scénario mais pas le lecteur.

Les épisodes m’ont quelquefois fait penser a Final Fantasy ou Full Metal Achemist justement, une inspiration dont Selkio et Ryku ne se cachent pas et qui reste agréable, comme un hommage fait à ces franchises qu’il serait difficile d’oublier lorsque l’on écrit des récits introspectifs et qui nous rapporte a la psyché humaine. Et l’utilisation de musique de ces séries, y compris Escaflowne. Il ne manque qu’Evangelion pour avoir des rappels à tous les animes qui ont eu des petits épisodes WTF de derrière les fagots. Je pense en particulier à des parallèles entre personnages tels que Brandford/Tucker dans FMA qui parait évident et les auteurs avouent eux-même que le Généralissime est modelé sur un autre personnage de FMA, je trouve personnellement que le héros a des petits accents de Tidus…

Mention spéciale a l’épisode 3 du chapitre 5 qui me file des frissons malgré les 25 degrés ambiants. Il y a des dizaines de mentions spéciales a faire pour être honnête, le personnage de Terra introduit juste comme il faut par exemple ! Elle joue un rôle très important dans l’histoire et j’en connais d’autres qui l’auraient introduit sans état d’âme juste au moment ou elle aurait ce rôle a jouer mais on la découvre très tôt en se doutant bien sûr qu’elle reviendra et sera importante, mais elle sait se faire oublier sans problème pour un retour (et quel retour).

En cette fin de cycle 1, conclu par un épilogue sous forme de roman graphique, il reste encore de multiples pistes un peu oubliées sur le bas-côté et des questions à perte de vue. Autant vous dire que j’attends la suite avec impatience (et que j’espère vous avoir donné envie).

Until next time. (Peut-être en mp3, qui sait)

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