Dans mes carnets

La méthode Snowflake, des petits flocons pour écrire votre roman

Ou dites Flocon pour les intimes. Spoiler alert : c’est pas pour moi.

La méthode flocon, snowflake dans sa version originale, est une méthode que de plus en plus d’auteurs adoptent. Depuis l’an dernier, j’ai vu fleurir les articles à ce sujet sur la toile, j’en ai entendu parler dans des groupes d’écriture, par des collègues auteur… Carrée, simple et terriblement efficace, le Saint Graal de l’écriture était-il arrivé chez nous pauvres mortels ? Tout comme le principe marketing qui dit que lorsqu’un article pose une question, la réponse est forcément négative, il n’est peut-être pas nécessaire de mettre le champagne au frigo tout de suite.

Quoi qu’est-ce ?

Les directives de la méthode se sont un peu édulcorées au fil des articles à glâner sur le web mais si on en croit le créateur de la méthode sur son site très tapageur, tout repose dans le design de votre roman, design dans le sens de structure.

Pour clarifier son propos, Randy Ingermanson compare cette structure à un flocon de neige : un point central qui se ramifie et se complexifie le long de ses branches avant de former un entrelacs complexe qui formera votre histoire. Moi qui manque souvent de structure et de discipline, je me suis vite laissée tenter par l’expérience et l’utilise pour re-strucuturer un vieux projet de roman qui traîne dans mes tiroirs depuis 2008. Sans pour autant tout reprendre de zéro, j’ai donc redessiné sa structure en suivant les étapes une par une.

La recette

Pour construire votre propre flocon à la maison, il vous suffira de suivre 10 étapes simples, mais vous menant pas à pas vers votre récit complexe :
1 – Résumer votre roman en une phrase
2 – Étendre cette phrase à un paragraphe
3 – Rédiger une page par personnage important de votre récit
4 – Densifier votre résumé, un paragraphe par phrase pour obtenir une page
5 – Écrire une page décrivant le destin de vos personnages dans votre récit
6 – Votre page de synopsis devient soudainement un résumé de quatre pages, ça déconne plus
7 – Reprendre vos personnages et travailler cette fois-ci leurs charactéristiques
8 – En vous servant de vos quatre pages, faire une liste de toutes les scènes nécessaires à votre récit
9 – Décrire chaque scène pour avoir une meilleure idée des enjeux et de ce qu’il pourrait vous manquer (étape optionnelle)
10 – Il est temps d’attaquer le premier brouillon de votre roman, et bam.

Loin de moi l’idée de prétendre que la méthode est si simplette que ça, je n’ai fait que lister les étapes mais il y a évidemment bien plus de détails sur le site de Randy pour les gens qui seraient intéressés. Une fois la méthode et ses règles bien en tête, j’ai repris mon ancien brouillon de roman pour attaquer la liste… et suis resté bloquée à la cinquième étape. Impossible d’aller plus loin pour le moment car, pour faire simple, le format est bien trop contraignant pour moi. Je suis toujours sur le fil rouge d’un de mes personnages primaires car, même si ils ont évidemment chacun leur destin, j’ai l’impression de me répéter. Et c’est d’un ennui mortel.

Je reste persuadée que chacun trouvera une ou des méthodes parfaitement adaptées à sa façon d’écrire et il s’est très vite révélé que les flocons et moi, nous n’allions pas vraiment être copains… Mais elle l’est peut-être pour vous ! La méthode snowflake possède des avantages indéniables : par son fil rouge très clair, elle permet d’instaurer un cadre et une chronologie logique. Mais…

Carrée… Trop carrée ?

La méthode impose une grande rigidité. Pas vraiment possible de sortir du cadre et de l’ordre de ses étapes si on veut mener la méthode jusqu’au bout, il faut rester dans les traces des enchaînements de synopsis et de personnages pour voir le bout du tunnel. Et sans pouvoir passer d’un thème à l’autre dans la conception de votre roman, on passe également son temps à repasser sur ce qu’on vient à peine de développer… Un ennui infini pour moi qui suis plutôt du style idée -> idée dans mes structures de récit, l’impression de ne pas avancer en permanence et de refaire sans cesse le même travail. Zéro fun. (Alors que bon, à la base ça me plait d’écrire)

Efficacité&Rapidité

Deux mots qui forment, je pense, la base du succès de la méthode : si vous la suivez, vous arriverez à finir votre projet, et à le finir vite… On comprend tout de suite en ouvrant le site de l’auteur qu’on est pas venu là pour enfiler des perles, on est là pour être efficace et de ce point de vue-là : aucun souci ! Mais c’est encore ici que ça bêche pour moi qui écrit uniquement pour me faire plaisir et potentiellement faire plaisir à quelqu’un qui lira. Une petite impression d’être à l’usine qui m’a un peu rebuté durant le processus et ne m’a pas aidé à revenir sur le projet -toujours en stand-bye. Un peu dommage, pour une méthode dédiée à vous rendre efficace.

L’impasse sur le wordbuilding

Le plus gros bémol pour moi a été l’impasse totale sur le worldbuilding (la construction des bases de votre univers et de ses personnages, en gros), on ne parle ici que de personnages, de fil conducteur et de narration. Nulle mention de mythologie, de potentielle chronologie relative aux événements ou de repères magiques. Libre à vous de les préparer en avance et les intégrer durant l’écriture mais je n’ai pas pour le moment réussi à trouver un équilibre qui me permet d’intégrer les deux en même temps sans avoir l’impression d’en mettre un de côté. Et de perdre du temps.

Qui écrit des récits de l’imaginaire (SFFF ou Fantasy pour les citer) pourrait avoir besoin (chacun voit midi à sa porte bien sûr) s’il veut un univers cohérent sur la durée de se pencher sur son univers, ses règles et ses caractéristiques, quelque chose qui prend part entière dans la création de ce genre de projet… Et quelque chose que je n’ai pas retrouvé dans ce test de la méthode flocon et qui me donne l’impression de passer à côté de quelque chose.

Je finirai la rédaction de ce roman avec la méthode, mais je suis actuellement repassé du côte mythologie de la Force pour m’éviter des dérapages quand je passerai à l’écriture pure et dure. Un récit comme Le saut de l’ange aurait, je pense, parfaitement trouvé sa place dans cette méthode : un monde contemporain, peu de personnages et tout au plus deux chronologies parallèles à gérer… Mais peine perdue pour ce roman Fantasy ou mon SFFF Les Enfants du Siècle.

La méthode flocon est scientifique, carrée et semble parfaite pour rédiger des textes qui ne relèvent pas de l’imaginaire ou ne sont pas portés par des univers aux racines complexes. Peut-être ne la recommanderais-je pas à des auteurs d’imaginaires mais peut-être suis-je complètement passée à côté du truc (Alwine, éclaire-moi !) mais sans doute lui laisserais-je à nouveau sa chance si je me relance dans une fanfiction ou un roman contemporain…

En attendant, je suis en plein worldbuilding sur Les Enfants du Siècle et j’approche d’un planning pour une ré-écriture cet été, stay tuned.

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4 commentaires sur “La méthode Snowflake, des petits flocons pour écrire votre roman

  1. Je note dans un coin.
    C’est intéressant mais je pense que effectivement tout type d’écriture et d’auteur-ices a sa méthode de prédilection.
    Pour une histoire dans notre monde j’ai opté pour un plan linéaire simple, mais c’est vrais que pour une histoire plus fantasy avec plein de personnages, j’ai l’impression que le plan est limitant et là j’y vais un peu au feeling.

    Aimé par 1 personne

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