La Librairie Yōkai

La Librairie Yōkai – Épisode 0 : Kuchisake Onna

La Librairie Yōkai ?

La Librairie Yōkai, c’est un podcast animé par Mathieu de Mensetsu et moi-même, qui sera consacré aux Yōkais (ou Yōkaux, c’est au choix) : créatures et manifestations surnaturelles peuplant l’imaginaire japonais. Le podcast sera mensuel et vous pouvez vous abonnez chez Badgeek ! On est pas vaches, vous pouvez aussi nous retrouver sur Spotify, Apple Podcasts et tous les revendeurs de came du podcast habituels.

En l’essence, le programme est plutôt simple, chaque épisode reviendra sur un Yōkai : son histoire, ses origines et tout ce qu’on trouve pertinent (ou non) à raconter sur lui. On vous promet pas de vous apprendre quelque chose que vous ne savez pas déjà (même si on espère très fort) mais vous devriez au moins vous marrer. En tout cas nous, on se marre. Un podcast qui se veut divertissant et informatif, que demande le peuple ?

Pour les curieux qui veulent approfondir chaque sujet, je ferai un article complément à l’épisode reprenant les sources et illustrations associées au yōkai du jour et ce premier article sera donc consacrée à la Kuchisake Onna, un fantôme vengeur qui cible les hommes seuls la nuit. Au fur et à mesure j’essaierai de rajouter les compléments d’informations que nos gentils auditeurs nous envoient !

Le Yōkai du jour

L’héroïne de notre épisode est un fantôme bien connu des amateurs de sensations fortes, qu’elles soient asiatiques ou non d’ailleurs. Une image qu’on peut presque qualifier d’Épinal tant vous avez dû la voir plus d’une fois au détour d’une errance sur le net : la Kuchisake Onna, la femme au sourire d’ange.

Capture provenant du film Kuchisake Onna (2007), représentation la plus connue sans doute

Les origines du mal

Concernant son histoire, si on pourrait de prime abord croire à la théorie largement relayée sur le net du fantôme originaire de l’époque Edo en anglais ou même en français, quelques recherches vous montreront bien vite que son origine semble bien plus… moderne. On tient là la plus classique légende urbaine (都市伝説, toshi densetsu), version très contemporaine du concept Yōkai qu’on se raconte pour se faire peur.

La Kuchisake Onna est effectivement une vrai star, il faut dire qu’en plus d’être effrayante elle est photogénique… On parle beaucoup d’elle sur le net, relayant facilement les multiples versions de son histoire moderne aussi bien que moyenâgeuse. S’il est difficile de se fier à ces multiples sources pour faire la lumière sur ce fantôme japonais, on recoupera facilement les versions pour enfin toucher le nerf de la guerre : la vague de panique causée par sa légende dans les années 1970.

D’abord sceptique, il m’a pourtant suffit de faire quelques recherches en japonais pour mettre la main sur des sources bien plus fiables que les articles consacrés à la légende urbaine. D’abord des témoignages sur yahoo answers qui redirigent finalement vers les articles plus sérieux sur des sites de journaux. Même au Japon, tout le monde n’est pas dupe, de nombreux articles de blogs reprennent les faits pour casser le mythe et y ré-injecter un peu de vrai : c’est bien une série d’incidents qui se sont produits dans la région de Gifu qui auraient fait naître cette version de la légende… Incidents avérés ? Difficile de mettre la main sur des articles « d’époques » sur le net mais les effets sont bien là.

Diagramme destiné à vous sauver, à lire très attentivement, Benjamin Mako Hill [CC BY-SA 4.0], de Wikimedia Commons

Une influence dans l’imaginaire… et dans le réel

La légende urbaine de la Kuchisake Onna, c’est son fond de commerce. Elle vous fait peur à l’oral, en manga ou encore en film mais pas que ! La demoiselle s’est invitée dans le monde réel sous la forme d’une maison hantée et d’un festival traditionnel japonais dans la ville de Gifu !

Las de voir l’allée marchande de sa ville se dépeupler, un auteur et une commerçante se sont associés pour ramener la Kuchisake Onna afin de faire peur aux plus petits comme aux plus grands. On aime la détester et Gifu n’est pas le seul endroit du Japon qui l’accueille encore malgré son statut : la Mizuki Road dans la préfecture de Tottori qui est ornée de nombreuses statuettes en l’honneur du mangaka Shigeru Mizuki a elle aussi réservé une place à la belle.

Statue de la Kuchisake Onna sur la Mizuki road, prise par tirol28,
(CC BY-NC-SA 2.0)

En France, vous pourrez la découvrir en manga sous le titre de la Femme Défigurée publiée chez les éditions Delcourt et outre-Atlantique ou au Japon c’est le film « Carved: the slith-mouthed woman » qui lui rend hommage.


Outre ses références claires, il paraît évident que ce genre de fantômes a sans doute eu bien d’autres faux-amis dans l’univers imaginaire, certains voient même dans la représentation du Joker de Batman par Heath Leadger une inspiration appuyée à la dame.

Une multitude d’occasions et de support pour aller à la rencontre de ce Yōkai emblématique… En attendant le prochain sur votre route !


Autres références du podcast

  • Le Horla, Guy de Maupassant disponible sur le site Project Gutenberg
  • Kitaro le repoussant, manga de Shigeru Mizuki, évoluant dans l’imaginaire japonais et parmi ces créatures fantastiques
  • Déraciné, jeu vidéo VR sur PS4, orienté aventure il s’inspire des ancien manga shojos
  • Kuro, jeu de rôle basé sur l’univers des yōkais dans un japon futuriste type cyberpunk

Habillage Sonore

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