La Librairie Yōkai

La Librairie Yōkai – Épisode 2 : La Yuki Onna


Fièvre hivernale dans La Librairie Yōkai, ce mois-ci c’est l’esprit de la neige que nous recevons : la Yuki Onna est parmi nous. Un esprit de glace qui vous rappellera peut-être notre Reine des Neiges version Hans Andersen ou Shiva dans sa version Final Fantasy… Plongez avec nous dans la vie glaciale de cet étrange esprit.

Le Yōkai du jour

De loin, avec des mauvaises lunettes, et dans le brouillard, notre invitée du jour pourrait vous faire penser à la Kuchisake Onna mais toute ressemblance s’arrête là. Si la Yuki Onna apparaît dans une situation où elle pourrait vous effrayer, tout homme serait subjugué par sa beauté, ses longs cheveux noirs, ses yeux violets envoûtants et sa peau pâle en font un objet de peur autant que de convoitise et nombreux sont ceux qui finissent par épouser la Yuki Onna… à leur dépens.

La belle cache son identité pour vivre une vie calme et paisible auprès de l’homme qu’elle aime mais si par malheur celui-ci découvre qui elle est vraiment, elle se fondra dans la nuit pour ne jamais revenir (et souvent avec les enfants). Et pour la première fois, nous avons affaire à un Yōkai réellement ancestral : les premières mentions de cette femme des neiges se trouveraient à la période Muromachi (1336-1573) selon la Cartographie des Yōkais de Tada Katsumi.

Les origines

Mais il nous est difficile de vous affirmer plus que cela, et pour cause les versions de la Yuki Onna sont multiples et toutes différentes. Si version canon il doit y avoir, c’est sans doute celle de Lafcadio Hearn, folkloriste Irlandais ayant acquis la nationalité japonaise à la fin du 19ème siècle. Vous pouvez la retrouver sur le site du projet Gutenberg en version longue, nous nous sommes contentés d’une version courte pour le podcast ! D’ailleurs si Lafcadio n’est plus de ce monde depuis bien longtemps, son esprit vit encore notamment au travers de son arrière petit-fils devenu lui aussi… Folkloriste au Japon.


Yuki Onna (雪女), extrait du Hyakkai-Zukan (百怪図巻) (Domaine Public)

Les origines, c’est très bien, mais que risquez-vous en montagne ? Et bien, selon les questions-réponses japonaises : ça dépend. Si certains sont pragmatiques et vous promettent que son existence n’a pas été prouvée d’autres vous promettent qu’elle se trouve dans votre frigidaire. Animal mythique ? Si le pendant masculin de la Yuki Onna serait le Yéti ou Big Foot, on tombe définitivement dans la cryptozoologie et donc la Yuki Onna pourrait être elle-même considérée comme un UMA : Unidentified Mysterious Animal.

Mais le Yéti et la Yuki Onna ne sont pas les seules affaires mystérieuses liés à la neige et à la montagne… Peut-être cette histoire vous aura-t-elle fait penser à celle du Col de Dyatlov ? On vous conseille deux très bons épisodes de podcast sur le sujet en commençant par nos collègues du Bureau des Mystères qui y ont dédié un épisode ainsi qu’à l’excellent Nuit Blanche lui aussi exhaustif sur le sujet: l’histoire fascinante de cette bande de jeunes retrouvés morts et mutilés au coeur de la montagne sans aucune trace d’explications…

Les représentations de la Yuki Onna

Shiva dans sa version Final Fantasy X

Première référence de la soirée : Nioh. Comme beaucoup de Yōkais celui-ci a sa place dans ce jeu dans la veine de Dark Souls… Qui lui aussi a sa propre représentation de la femme des neiges ! Si dans ce dernier, elle ne porte pas ce nom il paraît difficile de ne pas penser à elle lorsqu’on aperçoit ce personnage neutre de prime abord. Esprit de la neige, fantôme de glace… Si elle ne porte pas toujours le nom de Yuki Onna, de nombreuses entités semblent pouvoir évoquer notre invitée du jour en lui empruntant de nombreux traits. Que ça soit son apparence, le fait qu’elle ne laisse pas d’empreintes dans la neige ou encore ses yeux envoûtants, le répertoire des signes distinctifs de la Yuki Onna paraît bien exploité dans le monde des jeux vidéos.

Les mangas ne sont pas en reste même si il semble que la dimension érotique de la belle des glaces soit plus exploité de ce point de vue : dans Yuki Onna to kani wo kuu (je mangerai du crabe avec la Yuki Onna) elle y incarne dans un étrange scénario que je ne comprends toujours pas une femme froide, qui semble dénuée de sentiments ce qui lui vaut ce surnom de Yuki Onna, autre exemple dans Yu Yu Hakusho elle s’y appelle Yukina et vient d’une famille de démons.

Yuki-Onna, par Kiki Sugino

Parmi toutes les œuvres qui relataient la vie de la Yuki Onna, il a fallu faire un choix et c’est la série Tokyo Paranormal d’Arte qui nous as aidé en interviewant Kiki Sugino dans son épisode dédié à la femme des neiges. La réalisatrice-actrice nous y expose sa vision de ce Yōkai et les raisons qui l’ont poussé à la représenter ainsi dans sa propre œuvre éponyme : Yuki Onna. Un film tout en douceur et en mélancolie, qui laisse une grande place aux plans longs et poétiques, à ne pas mettre entre toutes les mains mais à voir absolument si vous aimez les Yōkais.

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