La Librairie Yōkai

La Librairie Yōkai – Épisode 6 : Onryō spéciale Kayako Saeki

Les fantômes vengeurs… Un sujet inépuisable s’il en est quand on parle de surnaturel et de légendes urbaines au Japon. Ce mois-ci, la Librairie Yōkai explore le mondes des revenants en compagnie des podcasteurs Charles et Mathias d’Inspiré de Faits Réels avec pour l’occasion, un focus sur Kayako Saeki, apparition emblématique du paysage d’horreur japonais. Et comme une surprise n’arrive jamais seule, cet épisode est un double épisode ! Retrouvez-nous en invité de l’épisode d’Inspiré de Faits Réels dédié à The Grudge, le film d’horreur dont l’héroïne est Sarah Michelle Gellar, ou peut-être Kayako Saeki…

Un énorme merci à Charles et Mathias d’avoir collaboré avec nous pour cet épisode, nous avons adoré tourner avec eux dans un ambiance (très) bon enfant et avons beaucoup appris de nos échanges, autant dans l’épisode de la Librairie que dans celui d’Inspiré de Faits Réels. Si vous ne les connaissez pas encore ruez-vous sur le Bureau des Mystères qui traite des phénomènes étranges autour du monde ou Inspiré de Faits Réels qui retrace la vérité derrière la fiction des films d’horreurs, 2 podcasts chaudement recommandé par notre humble Librairie.

Le Yōkai du jour

Kayako est sans aucun doute un Onryō, ce que l’on pourrait appeler en français et par abus de langage un fantôme ou un esprit vengeur. Récemment, vous avez pu en apercevoir un peu partout : l’image du fantôme asiatique à la peau blanche, aux longs cheveux noirs et au kimono blanc est devenu un élément de base du kit de films d’horreur ou de légendes urbaines japonaise.

S’en défendre ? Compliqué ! Il serait plus sage de prévenir que de tenter de guérir… Les pouvoirs du Onryō sont multiples en plus d’êtres très puissants, d’autant qu’ils tuent pour le sport et qu’il est très difficile de les calmer. Si jamais vous tuer quelqu’un et que vous avez le pressentiment qu’il reviendra vous hanter, il semble essentiel d’élever cette personne au rang de kami ! Ainsi elle deviendra une divinité protectrice et ne devrait pas s’en prendre à vous… Ou à quiconque.

Outre ne pas tuer, nous pouvons également vous conseiller de faire des paiements bien sentis aux temples du coin et en ultime recours, d’écrire des récits de fiction du point de vue des perdants et victimes… Cela devrait calmer leurs âmes.. En théorie.

Les origines

L’image lisse du Onryō naît avec le Kabuki et le Noh, et en particulier au travers de ses masques.

Si plusieurs types de fantômes sont alors représentés, comme par exemple le Hannya – démon aux yeux dorés toujours très connu – ,c’est une image de femme aux traits tirés et aux longs cheveux noirs hirsutes qui se hissent au rang des esprits vengeurs préférés des spectateurs. Oiwa de la pièce Yotsuya Kaidan, en particulier, devient une histoire que tout le monde aime voir pour se faire peur.

Oiwa est qualifiée par beaucoup de reine des Onryōs : son histoire tragique – supposément vraie -, son apparence très reconnaissable et ses multiples adaptations y compris modernes la laissent souvent comme inspiration très libre de toutes les légendes urbaines de femmes trahies qui reviennent pour se venger. Un patrimoine lourd qui continue à la suivre, il se dit que les représentations de Yotsuya Kaidan ne se déroulent jamais sans manifestation paranormale…

Les évolutions de l’Onryō au cours du temps

Taira no Masakado, Domaine public

L’Onryō a acquis au cours de son existence une imagerie très lisse et homogène : celle d’une fantôme de sexe féminin habillé d’un kimono mortuaire où cascadent des longs cheveux noirs… Et pourtant il n’en a pas toujours été ainsi !

À une époque où les représentations des fantômes vengeurs étaient beaucoup plus liées aux assassinats, les hommes étaient bien plus nombreux à représenter les esprits vengeurs japonais. Et attention, car même l’empereur pouvait devenir un fantôme vengeur !

Parmi les plus connus vous retrouverez une tête connue dans la Librairie, en la personne de Taira no Masakado un noble qui était parti à la recherche de sa tête à travers tout le Japon après s’être fait décapiter lors d’une mise à mort humiliante. À noter que la fille de Taira no Masakado n’est autre que Takiyasha-hime, la sorcière qui a vaincu le Gashadokuro… Si d’ailleurs, vous voulez lui payer vos respects, ses restes reposent désormais au Kanda Myojin d’Akihabara !

Quelques références

Si dans cet épisode déjà touffu, nous nous focalisons sur l’œuvre de Takashi Shimizu et de sa Kayako Saeki, il va sans dire que le Onryō se retrouve absolument partout : vous le retrouverez assez classiquement utilisé en tant que nom de groupe de métal, titre pour une musique, ou plus simplement inspiration pour des œuvres d’arts de tous types. Plus amusant, un combattant de catch a également repris ce nom, arborant un masque pour le moins… fantomatique.

Si la vraie vie reste votre medium préféré (on ne sait jamais), courrez tout de suite à Onryo Zashiki (怨霊座敷) maison hantée sur le thème des Onryōs située en plein cœur de Tokyo. Plus qu’une maison hantée, c’est un escape game, frissons garantis…

Concernant Kayako Saeki et si vous êtes curieux de jeter un œil aux médiums que nous avons évoqué, le manga n’est (mal)heureusement plus édité mais il se trouvait chez Pika sous le titre de Juon, le jeu vidéo quant à lui s’appelle Ju-On : La malédiction et n’a rien à voir avec sa pochette.

Les trouvailles de nos visiteurs

  • À venir.

Habillage sonore

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2 commentaires sur “La Librairie Yōkai – Épisode 6 : Onryō spéciale Kayako Saeki

  1. Merci pour ce super podcast ! On est vraiment plongé dans l’univers japonais. Merci à tous les deux (et au bébé yōkai qu’on entend en fond sonore). 😉

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