La Librairie Yōkai

La Librairie Yōkai – Épisode 8 : Nurarihyon

On en connaît tous un, de squatteur de compétition. Le genre de personne qui s’incruste en soirée, dans votre groupe d’ami.e.s pour venir y prendre tout ce qui lui plaît avant de partir lorsqu’elle est parfaitement repue. Mais aviez-vous envisagé.e que cette personne pouvait être… un Yōkai ?

Venez en découvrir un peu plus sur le Yōkai le plus envahissant du panthéon des monstres japonais, un être dont le seul but est de venir débarrasser vos placards de vos meilleurs mets et alcools avant de repartir aussi silencieusement qu’il est arrivé : le Nurarihyon.

Le Yōkai du jour

Pour une fois, nous abordons un Yōkai qui semble dépourvu de toute malice, un monstre très éthique qui à part se faire offrir gracieusement le gîte et le couvert ne devrait pas vous ennuyer outre-mesure… Et en plus, vous en redemanderiez presque.

Il a du style, le Nurarihyon, c’est un gentleman dont la simple présence fait rayonner une pièce et met la maisonnée à ses pieds. Et pourtant, son apparence pourrait sembler repoussante de premier abord : un vieux petit monsieur ridé, à la tête dotée d’une protubérance presque extraterrestre et dont les traits évoquent un poisson-chat… Mais il s’habille bien, le bougre et c’est peut-être pour ça qu’on lui pardonne tout et qu’on est prêt à le laisser régner en maître chez soi : un sens du style absolument dingue.

Son nom toutefois, peut laisser un peu perplexe : uniquement composé de hiragana (le syllabaire japonais), il ne laisse pas d’indices grâce aux kanji habituels (sinogrammes). On ne peut donc se fier qu’à la prononciation pour tenter de deviner à qui nous avons affaire. Il semblerait que l’on parle ici d’une « gourde insaisissable », en référence sans doute à la forme si particulière de sa tête. On retracerait ses origines à la mer intérieure, un endroit où on l’associe au monde aquatique et donc à un animal qui vous glisserait entre les doigts.

Les origines

Ses origines sont aussi mouvantes et glissantes qu’il ne peut l’être, il semblerait même qu’elles n’aient strictement rien à voir avec l’apparence qu’on lui connaît aujourd’hui.

Lorsque l’on parle de ses origines, deux choses sont certaines. La première est sa légende originelle et en particulier son origine géographique, le Nurarihyon est né dans la région de la mer intérieure du Japon, à Okayama. Mais étrangement, on l’y rattache aux créatures aquatiques et non pas à un squatteur de canapés… Sa grosse tête proviendrait d’ailleurs d’une affiliation aux méduses par exemple. Il serait même un type d’Umi-Bozu !

La seconde est l’origine de son apparence : elle provient d’une illustration de Toriyama Sekien, artiste ukiyo-e qui décida de représenter ce qu’il appela un Nurari. Tout porte à croire qu’il voulait caricaturer la noblesse ou un samurai de l’époque mais puisqu’une grande partie de son œuvre fut consacrée à recenser les Yōkais le pas fut rapide à franchir…

Les évolutions du Nurarihyon au cours du temps

Nurari, Toriyama Sekien, Domaine public

Le Nurarihyon a bien changé à travers le temps…

De créature aquatique chasseuse de marins, elle est devenue à travers le temps ce squatteur que l’on connaît bien… Mais pas que, il a également gagné un titre bien plus prestigieux avec le temps, celui de Suprême Commandeur des Yōkais.

Et c’est le fameux Shigeru Mizuki qui lui a d’ailleurs donné ce titre de lui-même dans sa série Gegege no Kitaro. Au cours de son récit, il a pensé que ce Yōkai ennuyant pourrait peut-être avoir un peu plus de pouvoir. Il décide donc de l’affubler de ce surnom -par pur mensonge de la part de ce Yōkai – mais peu à peu, il finit par devenir Suprême Commandeur des Yōkais et prendre officiellement ce titre et cette forme qu’on lui connaît aujourd’hui.

Quelques références

Le Nurarihyon est beaucoup moins photogéniques que peuvent l’être ses compagnons de l’au-delà : on ne retrouve que peu d’œuvres d’art dont il est l’acteur principal. Il fait néanmoins office de très bon second rôle.

Une de ses apparitions les plus notables reste dans la parade nocturne des 100 Yōkais dans la série manga et anime Gantz, une apparition d’autant plus marquante qu’il y est représenté comme un être surpuissant. Il est également évoqué dans le jeu vidéo Yokai Watch, apparition qui rappelle le Nurarihyon uniquement par son surnom et son évolution.

L’œuvre principale que nous évoquons dans l’épisode est Nura, Seigneur des Yokais (ぬらりひょんの孫), une des rares dans laquelle il joer un rôle presque central… Presque car il est le grand-père du héros, qui n’est lui-même qu’un quart de Yōkai et trois-quart humain. C’est encore la référence la plus courante quand vous faites des recherches sur le Nurarihyon, une apparence bien plus bad-ass que les autres il faut dire.

Et dans la vraie vie ? Et bien, un chauffeur de taxi de Kyoto vous offrait une ballade avec une poupée de Nurarihyon… Une apparition pour le moins effrayante. Le service n’est plus en service actuellement mais les photos font rêver. Dernière trouvaille, un izakaya du nom de Nurarihyon à Okayama… À fouiller.

Les trouvailles de nos visiteurs

  • À venir.

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