Les Enfants du siècle – Épisode 2 : Lisa

« Lisa » est la suite directe de « Charlotte », on reprend l’histoire avec Lisa qui rentre chez elle juste après sa rencontre avec la jeune Charlotte.

Lisa habite dans le quartier de Setagaya, non loin de la station Gotokuji qui est un de mes coins préférés de Tokyo. On risque de beaucoup s’appesantir sur mes quartiers « préférés » de Tokyo alors je vais arrêter tout de suite de le dire, et donc un peu plus loin que Shibuya dans le sud-ouest de la capitale se trouve la station Gotokuji qui fait partie des coins résidentiels de Tokyo. On y voit beaucoup de petites maisonnettes qui doivent coûter une petite fortune, de famille avec enfants et un calme absolument reposant y règne. Tout le contraire de Shibuya et son passage piéton tentaculaire, je vais à Gotokuji quand je veux fuir la foule et oublier la folie piétonnière du quartier de Shibuya.

Gotokuji est également synonyme pour les connaisseurs d’un temple dédié aux manekineko, ces petits chat porte-bonheurs mondialement connus ! Ce n’est pas le seul mais un des plus en vogue et les plus présents sur le web, il est impressionnant de par la pléthore de petits chats blancs disposés les uns à côtés des autres dans l’enceinte du temple. Il est possible d’en acheter et de grossir l’armée des petits chats blancs si le cœur vous en dit ou de vous le ramener chez vous et vous apporter prospérité ou clientèle.

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Lisa rentre chez elle sous la pluie battante, qui précède quelquefois les typhons durant la saison des pluies. L’humidité, le vent, les trombes d’eau… C’est une saison peu aimable et on a souvent hâte que le typhon passe et laisse derrière lui peut-être un peu vent mais surtout beaucoup de soleil.

La musique d’ambiance de la semaine n’est pas du tout japonaise, je vous recommande d’écouter I Hate To See Your Heart Break dans sa version avec Joy Williams chantée par Paramore. Atmosphère calme et reposante malgré la pluie qui tambourine, Lisa rentre chez elle et va retrouver le calme relatif de sa maison mais surtout sa paix intérieure.

Dans le prochain épisode, on s’intéressera à Jefferson qui va je pense vite devenir un de mes petits chouchous dans cette histoire. Stay tuned.

Sur le sujet les Enfants du siècle, j’ai eu une belle surprise cette semaine de la part de Chaocube qui a dessiné sa version de Charlotte. Outre le fait que le dessin est adorable et très bien réalisé, il est très très proche de l’image que je me fais du personnage et ça m’a fait plus que plaisir de le découvrir au détour de twitter, merci チャオちゃん!

@TsukubAmandine. Du coup j’en ai profité pour faire une petite Charlotte vite fait :p pic.twitter.com/y8OB7kQBN5

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— Cha³ (@Chaocube) 29 août 2016

 

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Cérémonie du thé et drama

J’ai déjà évoqué ma participation à un cours de cérémonie du thé dans un article, qui pour être plus précise est une activité extrascolaire : 部活動, mais je n’avais pas glissé que je pouvais écrire un roman complet en m’inspirant de ce cours. Le bukatsudou, c’est ce qu’on pourrait appeler un club ou un cercle qui se retrouve une fois par semaine, et quelquefois le week-end ou lors d’événements spéciaux comme la venue d’étudiants Taïwanais par exemple. La particularité et la raison principale pour laquelle j’ai continué à fréquenter le club, c’est que nous avons une professeure de cérémonie du thé qui vient avec nous chaque lundi et nous apprend avec beaucoup de rigueur les gestes adéquats, mais dans une ambiance quand même un peu cool.

Le décor

Nous sommes un tout petit groupe : 5 personnes régulières, de temps en temps un ou deux senpai (un ancien élève, supérieur) nous rendent visite. La professeure est là quasiment à toutes les séances et une ambiance studieuse et tranquille s’est installé séance après séance. Je n’ai pas rejoint directement le club, j’avais d’abord suivi le cours intégré dans mon cursus et c’est une fois terminé que j’ai voulu continuer et qu’on m’a redirigé vers le club. Il n’y a pas eu la peur panique de se retrouver face à une étrangère qui ne parlait pas la langue et la transition s’est faire plutôt naturellement, j’ai pu découvrir à loisir l’étrange ballet qui se jouait dans la 和室 (washitsu, salle avec tatamis).

Le Casting

Il fût un temps où j’étais une grande consommatrice de manga, quand j’avais le temps globalement. Si vous en avez lu, vous savez que les personnages dedans sont en général très stéréotypés surtout dans le genre shoujô à destination des jeunes filles. Le grand ténébreux, la petite discrète, et cætera. Ils sont souvent tous là cantonnés à des rôles définis et immuables, une fois qu’ils sont bien intégrés il est toujours très facile de les retrouver et de deviner à la louche qui va faire quoi dans un scenario que l’on découvre pourtant à peine. Tout le monde le sait, les stéréotypes sont basés sur des caractères, personnes qui bien entendu existent mais dont les traits ont été tellement grossis qu’ils dépassent la réalité. En théorie.

En déménageant au Japon, et en particulier en intégrant une faculté japonaise j’ai découvert avec pas mal de surprise que ce que je pensais être exagéré dans les productions culturelles japonaises était finalement assez proche de la réalité.

Le scénario

Laissez-moi vous tisser en gros les lignes de l’histoire. Il y a la chef de club (部長) qui va quitter la faculté en avril et donc le club, elle cherche actuellement qui va la remplacer pour que le club ne disparaisse pas. Or, selon les règles sociales japonaises c’est la personne rentrée juste après elle dans le club et qui sera là l’an prochain qui doit la remplacer. Mais cette personne ne veut pas devenir chef, je la soupçonne même de vouloir arrêter (nous reviendrons sur les raisons un peu plus loin) et donc fait tout pour être éjectée sans avoir à le dire. Il y a aussi le mec un peu ténébreux qui est là un peu par hasard et le petit nouveau qui fait le pitre, tout le temps rappelé à l’ordre par la chef du club. Le senpai qui vient de temps en temps est quant à lui l’archétype du chanteur de Visual Kei… Tout un programme.

La timide qui a un cœur d’or

Qu’on appellera Tomoe pour des raisons de discrétion. La chef du club est une fille adorable, qui a été la première à me parler comme si je n’avais rien de différent et qui est toujours prête à aider les autres. Elle est stricte lorsqu’il s’agit du cours et traite la professeure avec un grand respect. D’un point de vue strictement japonais du terme, Tomoe ne se met pas en valeur : jamais maquillée, toujours en pantalon, manches longues et mettant en avant le côté pratique avant le côté esthétique. Dans un shoujo, ça serait typiquement la fille « moche » qui devient « trop belle » pour pouvoir plaire au héros ténébreux.

Le grand et mystérieux timide

Qui sera joué par Ichirô dans cette représentation. Pour un Japonais, Ichirô est très grand, assez pour son yukata lui arrive pile au dessus des chevilles (ce qui veut dire qu’à 5 centimètres près, il aurait besoin de prendre une taille d’ordinaire réservée aux étrangers). Il arbore la classique coupe « saut du lit-coiffé-décoiffé » de cheveux mi-longs dans laquelle il passe tout le temps la main. Il est dans le club un peu par hasard, parce que c’était marrant, et aime BEAUCOUP Tomoe mais ne l’exprime jamais clairement. J’ai cru à un dénouement lorsqu’au semestre dernier ils passaient tout les midis tous les deux en tête-à-tête à la cantine mais tout s’est arrêté du jour au lendemain… Damn. Bref, Ichirô lit tout seul dans son coin, est très renfermé mais a le sourire facile lorsqu’il est à l’aise. Encore une fois, un stéréotype assez parfait.

 La féminité incarnée

Elle ne vise moins rien que devenir une nadeshiko, l’incarnation parfaite de la féminité japonaise. Cette jeune fille, que l’on appellera Aiko, ne rie pas mais glousse, elle marche avec les genoux tellement rentrés que je souffre en la regardant, elle ne s’attache pas les cheveux qui lui tombe sous les fesses et sont en tellement mauvais état que j’ai l’impression de regarder The Grudge parce que ce n’est pas « féminin », parle d’une voix aiguë et utilise un langage sensé être mignon (noté sensé s’il vous plaît), minaude et refuse de laisser le soleil toucher sa peau, et cætera. La liste est longue et je n’ai aucune idée de comment elle fait elle-même pour cocher chaque ligne de celle-ci. À côté de ça, Aiko n’aime pas la cérémonie du thé, elle est rentrée dans le club pour attirer le senpai avec qui elle sort et se retrouve un peu coincée, et maintenant dans une impasse complète puisque c’est elle qui va devenir chef de club en avril prochain… Elle est donc devenu insupportable, s’allongeant sur les tatami quand elle a des choses à faire, se trompant sans cesse et refusant de faire ce que la chef lui demande en feignant de ne pas comprendre. Elle n’est globalement pas très appréciée notamment car son comportement agace, bien qu’elle soit persuadée du contraire. Elle a d’ailleurs décidé de me détester dès le début sans que je ne sache vraiment pourquoi.

Le clown

Qui sera interprété par Kennichi. Il vient tout juste de débarquer, il y a quelques semaines, car sa mère pratique elle-même la cérémonie du thé et il voulait découvrir ce monde. Il était au départ très calme et supportable et puis il a décidé qu’il devait mettre l’ambiance dans un cours où l’on apprend la pratique millénaire d’un art qui ressemble à de la relaxation. D’abord doucement, il a fini par former la paire avec Monsieur Ténébreux pour complètement perturber le cours et se faire méchamment rappeler à l’ordre. Il n’est pas méchant, mais veux un peu trop devenir le leader officiel du rire dans un endroit où cela n’a pas sa place.

Le chanteur de Visual Kei

J’ai un peu extrapolé, il n’est pas vraiment chanteur (j’ai pu entendre des horreurs au karaoke) mais dessinateur de manga. Cheveux auparavant aussi longs qu’Aiko mais qu’il a dû couper pour trouver un emploi, pantalon à chaînes et petit veston, sans oublier la façon de parler vestige d’un autre temps. Maintenant qu’il est conducteur de camions (car il ne peut pas vivre de sa passion), il nous rend visite en bleu de travail pour profiter gratuitement du thé et des wagashi (pâtisseries traditionnelles japonaises) tout en faisant le malin et ignorant royalement sa petite-amie, Aiko (il préfère lorgner sur les autres filles).

Chacun joue son petit rôle et chaque semaine est l’occasion de découvrir un nouveau rebondissement ou un comportement de manga que je ne pensais pas réel se dérouler devant mes yeux. Je me tâte de développer un peu ce que je vois pour un écrire un véritable histoire à l’occasion du prochain NaNoWriMo, je pense que ça pourrait être un petit moment de rigolade agréable. Qui sait.

Source photo de couverture.

J’ai interviewé un groupe de musique (et j’ai survécu)

Il y a quelques mois, j’ai été contacté par l’intermédiaire de DozoDomo pour me rendre à un concert : 女王蜂 (Jo-ô-bachi) ou Queen Bee dans sa version internationale. Queen Bee est un groupe en vogue au Japon qui allait faire sa première scène hors du pays chez nous, pour la fête de la musique. Puisqu’ils étaient jusqu’alors inconnus en France, une couverture médiatique avant ce premier concert sur notre site tombait à pic !

Se rendre à ce genre d’événement, c’est l’assurance de devoir se servir du japonais le plus poli possible : le keigo. C’est la bête noire de beaucoup d’apprenants du japonais mais avec Amélie Marie on s’y est mis avec nos tripes et on s’en est sorti. Quelques instants après le concert nous sommes invitées en coulisse pour rencontrer le groupe et son équipe. Échange de cartes de visites, présentation rapide… Tout le monde a été adorable avec nous et le courant est très bien passé. Rendez-vous est pris pour une prochaine interview pour compléter le débriefing du concert et présenter ce groupe que nous avons adoré et que nous aimerions faire connaître.

Je les recontacte quelques semaines avant leur venue en France pour pouvoir diffuser l’interview juste avant le concert et leur permettre de toucher le plus de monde. Mais cette fois-ci je serai seule, plus de possibilité de chercher du réconfort dans l’œil de ta pote, juste toi, ton japonais brut de pomme et ton couteau. Arg.

Plus d’une fois, j’ai voulu annuler juste par peur de l’inconnu mais à force de beaucoup de persuasion envers moi-même je finis par me dire que comme d’habitude je ferai de mon mieux et que dans le pire des cas, ça sera une expérience ! Et quelle expérience, j’admire beaucoup le groupe pour sa personnalité et sa musique mais je ne me considère pas comme une journaliste professionnelle. Soit. C’est parti.

 

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Coucou, c’est moi, le stress.

En soi,  je n’ai pas changé ma préparation d’articles habituelles :  recherches sur le groupe, visualisation de clips, interviews… J’avais de la chance de m’attaquer à un groupe qui n’avait encore aucune publicité en dehors du Japon, ce qui à mes yeux simplifiait la tâche car tout restait à faire.

Plusieurs défis néanmoins : trouver des questions intéressantes et pour le groupe et pour les lecteurs, m’exprimer dans un keigo potable et ne pas perdre mon japonais sous le coup du stress. Nonobstant le fait que j’avais oublié d’imprimer ma feuille de questions minutieusement préparée, tout s’est très bien passé ! La chanteuse, Avu-chan, était en plus d’être abordable, absolument adorable et j’ai été bluffé par sa personnalité d’artiste complète qui s’assume complètement.

À mes yeux, les trois défis étaient relevés : j’ai même eu plusieurs petits mots sur la pertinence de mes questions, pour juger vous-même rendez-vous sur DozoDomo. Je pense que l’ambiance absolument décontractée et le fait que je n’ai même pas eu à faire valider mes questions est dû en grande partie au fait que le groupe est signé en indépendant, et c’était une expérience enrichissante en tous points.

J’en parle plus en détails dans l’interview mais je trouve le concept du dernier single du groupe absolument génial, il faut dire que ça parle à mon côté gameuse. Les codes du jeux PS2 sont parfaitement repris et l’empreinte Street Fighter est prégnante, un coup marketing de génie ! Je vous glisse un petit morceau pour finir ça, 売春 baishun, mon morceau préféré : par ici pour les personnes au Japon et par ici pour les autres.